Les consultations de prévention démarreront début 2024

Points clés

  • Une phase pilote est lancée cet automne dans les Hauts-de-France auprès de patients âgés de 45-50 ans.
  • Ce dispositif s’inscrit dans le cadre du « virage préventif » que souhaite porter l’Assurance maladie obligatoire, qui financera intégralement ces consultations.
  • Des actions spécifiques d’ « aller-vers » seront mises en place pour cibler les assurés les plus éloignés du système de santé.

Promesse électorale du président Emmanuel Macron en 2022, le dispositif « Mon bilan prévention » fait l’objet d’une expérimentation à partir du mois de novembre. Il devrait être généralisé à partir de début 2024.

Figurant parmi les mesures phares de la politique gouvernementale en matière de santé publique, les consultations médicales de prévention vont être progressivement déployées dans les mois qui viennent. Prévus dans la LFSS de 2023 (article 29), ces bilans de santé physique et mentale seront proposés à quatre moments clés de la vie, à 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans.

Financée intégralement par l’Assurance maladie obligatoire, cette mesure a pour objectif d’enclencher un véritable virage en faveur de la prévention : promotion d’une activité physique et sportive régulière, alimentation saine, sensibilisation aux risques d’addictions, santé mentale et sexuelle, dépistages… Le contenu des consultations, l’information et les examens seront adaptés en fonction des tranches d’âge. Il est prévu que leur durée soit de 35-40 minutes.

Comme pour les dépistages des cancers du sein ou colorectal, les assurés concernés seront personnellement contactés par l’Assurance maladie qui les informera de la possibilité de ces rendez-vous. A noter que lorsqu’un assuré sera dans l’impossibilité de s’y rendre physiquement, une téléconsultation pourra, à titre exceptionnel, être mise en place.

Un bilan en quatre étapes

Comment cet entretien va-t-il concrètement se dérouler? Dans son communiqué du 13 octobre dernier, le ministère de la Santé et de la Prévention décrit leur déroulé tel qu’il est prévu dans le cadre de la phase pilote des Hauts-de-France. Première étape : le patient remplit un auto-questionnaire composé d’une quarantaine de questions (situation personnelle, antécédents familiaux, état de santé actuel, activité sportive, addictions, vaccinations…). Il prend ensuite rendez-vous avec un professionnel de santé de son choix qui propose ce bilan. Au terme de la consultation, ce dernier remplit avec le patient un plan personnalisé de prévention (objectifs prioritaires et actions concrètes) et l’oriente, si nécessaire, vers d’autres professionnels de santé.

Des objectifs adaptés aux besoins des assurés

En septembre dernier, l’ancien ministre de la Santé, François Braun, avait apporté quelques précisions quant aux objectifs de ces bilans selon les tranches d’âge retenues. Pour les 18-25 ans, il s’agira de faire un point sur leurs vaccinations et leurs habitudes en matière d’activité physique, de détecter d’éventuelles addictions et troubles de santé mentale. Pour les 45-50 ans, le bilan intégrera des dépistages de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Quant aux 60-65 ans, l’objectif sera orienté vers la préparation à la retraite : dépistage de maladies graves et invalidantes, prévention de la perte d’autonomie, gestion du stress lié à la fin de la vie professionnelle…

Dans le cadre des discussions du PLFSS 2023, les parlementaires avaient insisté sur la prévention des cancers, des addictions et de l’infertilité, rappelant que ces bilans devaient notamment permettre de mieux prendre en compte les besoins de santé des femmes et les risques de perte d’autonomie.

Des bilans réalisés par plusieurs professions de santé

S’il est d’ores et déjà acté que ces rendez-vous pourront être assurés par plusieurs professions de santé (médecins, sages-femmes, infirmiers et pharmaciens d’officine), certaines modalités pratiques restent à définir. Un ou plusieurs arrêtés devraient préciser prochainement l’organisation concrète de ces consultations ainsi que les éventuelles formations professionnelles préalables. Quant à leur rémunération, celle-ci devrait s’établir à 30€, selon les précisions apportées par certains syndicats.

Si l’intérêt de ce nouveau dispositif ne fait pas débat, la disponibilité des professionnels de santé pose question. La raréfaction du temps médical, les pénuries d’infirmiers et la surcharge de travail en pharmacie d’officine constitueront des freins évidents au déploiement de ces bilans. Ces difficultés opérationnelles ont d’ailleurs été anticipées par le Haut Conseil de la santé publique qui, dans son avis de mars dernier, propose que les MSP (maisons de santé pluriprofessionnelles) et les CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) s’engagent dans cette nouvelle démarche. Des structures qui seront à même d’adapter le dispositif « à une population sur un territoire dont la granularité sera à définir au cas par cas », selon le HCSP.

L’objectif du dispositif « Mon bilan prévention »

Selon l’avis du HCSP de mars 2023, le rendez-vous prévention hiérarchise les risques individuels de santé autour des données familiales, biologiques, de comportements de santé et de l’environnement. La hiérarchisation des risques repose sur une prévention des maladies dont la survenue est probable chez une personne donnée et en fonction de son importance aux yeux de la personne concernée lorsqu’elle a été correctement informée. Ces risques sont plus précisément :

  • Médicaux : cardiovasculaires, cancers, atteinte de la santé mentale
  • Liés aux comportements : tabac, alcool, alimentation, exercice physique
  • Environnementaux : infections (d’où vaccinations), risques professionnels, risques liés aux activités de la vie quotidienne, sécurité routière, sport
  • Familiaux : antécédents familiaux

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